René Lalique

Grâce à une très vive imagination artistique et à un goût délicat, le succès de René Lalique fut considérable.

René Lalique

Il est né à Ay en Champagne en 1860.

Elève de l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris, il crée des bijoux pour les grands bijoutiers de la rue de la Paix. Dés 1890, il s'établit à son propre compte.

Il présente en 1895 et 1905 ses créations en verre aux expositions d'arts décoratifs. Ses oeuvres, fort différentes de celles des autres artistes verriers très en vogue à cette époque comme Gallé ou Daum, sont aussi en complète réaction avec les productions des autres grandes cristallerie françaises et étrangères et leur originalité en font des objets précieux et les apparente à des bijoux.

Les procédés techniques qu'il emploie pour réaliser ses bijoux lui rendent familère la fusion des métaux et des matières vitrifiables utilisées pour les émaux, de même que les mille et une façons de traiter les matières précieuses comme le saphir, la topaze, l'opale, la nacre, la corne ou le cristal de roche et son tempérament d'artiste est attiré vers cette matière pure et lumineuse qu'est le verre.

N'ayant pas encore de four à sa disposition, il achète des morceaux de verre et, à l'aide d'une forge de son invention, il coule cette matière dans des moules de terre réfractaire dont le sujet a été auparavant modelé en cire. Toutes sont des pièces uniques car la cire fondait pour être remplacée par le verre.

Dès 1905, le parfumeur François Coty, séduit par les créations de René Lalique, lui propose de mettre ses compétences technique et son talent d'artiste au service de l'industrie du parfum, afin de donner naissance à "un grand commerce tel que le monde n'en avait jamais vu". C'est ainsi que René Lalique crée pour Coty d'abord, puis pour Roger et Gallet, Houbigant, Gabella, d'orsay, Worth et beaucoup d'autres parfumeurs, des flacons "dont l'ornement évoquait les senteurs qu'ils habillaient".

Ce succès l'oblige à s'équiper pour réaliser une production industrielle. C'est la raison de son installation en 1909 à Combs-la-Ville où existait déjà une verrerie.

La guerre de 1914-1918, l'oblige à suspendre son activité puis à l'orienter vers la fabrication d'articles de la laboratoire pour le Service de Santé des Armées.

A la fin des hostilités, devant l'afflux des commandes, la verrerie devient trop petite. Il fait alors construire à Wingen-sur-Moser au nord de l'Alsace, tout près des grands centres verriers lorrains, une nouvelle verrerie au milieu des forêts de sapins. Le premier four y est allumé en 1921.

C'est à l'occasion de l'exposition des arts décoratifs de 1925, que René Lalique présente pour la première fois au public des objets réalisés dans sa verrerie d'Alsace. La nature avec oiseaux et feuillages inspire alors les effets de décoration. Le verre opalescent ou dépoli est tantôt limpide, tantôt mat, parfois aussi teinté par un émail. Il apporte là, non seulement des exemples hardis de l'utilisation du verre dans l'architecture mais encore des objets familiers destinés au décor de la table, nouveaux modèles de verres en forme de calice, des coupes, des assiettes à dessert...

Entre les deux guerres mondiales, la technique de fabrication évoluera peu. La réputation de la verrerie s'étend au monde entier et quelques oeuvres monumentales en sont la preuve :

  • 1922 : le service de table du Président de la République
  • 1925 : fontaine centrale de l'exposition des Arts Décoratifs
  • 1930 : Maître-autel du couvent de la délivrance à Caen
  • 1931 : Maître-autel, vitraux, grille de choeur de l'église Saint-Hélier-Jersey
  • 1935 : fontaines lumineuses du rond-point des Champs-Elysées
  • 1936 : éclairage de la salle à manger du paquebot Normandie
  • 1937 : service et surtout de table offerts par la ville de Paris aux souverains britanniques et dont le motif décoratif était une caravelle.

En 1940, les Allemands mettent la verrerie de Wingen-sur-Moder sous séquestre. cette fois, les fours restent éteints pendant toute la guerre.

René Lalique meurt en 1945.

En 1945 son fils et principal collaborateur Marc Lalique peut reprendre possession de ses biens. Mais la guerre avait endommagé bâtiments et fours et la remise en état ne se fit que progressivement. On se rééquipa avec des instalaltions modernes et on reforma de jeunes verriers.

En 1951, à l'exposition de l'art du verre, organisée au pavillon de Marsan, la cristallerie Lalique a repris sa place parmi les grandes cristalleries françaises et étrangères. Marc Lalique a crée pour cette manifestation le lustre monumental qui éclaire al nef centrale de l'exposition. Cette oeuvre hardie et puissante, aux proportions élégantes, préfigure déjà la nouvelle évolution de son art. Ce lustre est depuis devenu la propriété du musée du Louvre et il éclaire l'entrée principale du pavillon de Marsan.

Le sentiment poétique que René Lalique avait su insuffler à ses créations demeure dans les oeuvres de son fils. Toujours à la recherche de techniques nouvelles, Marc Lalique incorpore des cristaux massifs de couleurs vives qui s'associent au cristal clair et givré. Il a peut être ainsi achevé le cycle d'où parti son père, qui travaillant le rubis, l'émeraude ou le saphir, devint maître-verrier.

En 1977 Marc Lalique décède et sa fille Marie-Claude lui succède dans la directionde la société et la création des modèles jusqu'en 1996.

En 1994 le groupe Pochet, actionnaire depuis plus de 30 ans devint actionnaire majoritaire de Lalique S.A.

Informations tirées du livre de Joseph Perret, Histoire de Combs-la-Ville de la Révolution à l'An 2000, décembre 2000, 388 p.

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