La famille Le Cocq a occupé une place trés importante dans l'histoire locale. En effet, ses membres, seigneurs d'Egrenay depuis le milieu du XIVème siècle, achètent les seigneuries de Menchy, d'une partie de Combs-la-Ville, de Vaux-la-Reine et du Paloisel, devenant ainsi de grands propriétaires de la paroisse. Après être passée entre les mains de plusieurs propriétaires, la seigneurie de Menchy devient propriété en 1775 de Monsieur, frère du roi Louis XVI, comte de Provence et futur Louis XVIII.
Bien des années plus tard, après moult changements de propriétaires, la propriété est achetée par Cécile Philippine Savoet, épouse d'Alexandre de Ceas le 12 octobre 1804. Immédiatement, elle entreprend la démolition du manoir, puis la construction de la villa que nous connaissons aujourd'hui. Les travaux dureront cinq ans et seront achevés en 1809. La façade s'orne de deux bustes dans lesquels on s'accorde à reconnaître Racine et Molière. Madame de Ceas achète par la suite les petites maisons et les terrains proches du domaine, si bien qu'en 1810, une grande partie de la propriété actuelle était en sa possession. Mais les affaires de Mme de Ceas ne sont pas brillantes. Elle est pressée par les besoins d'argent et les hypothèques grèvent lourdement Menchy. Aussi le 27 septembre 1817, le baron Pappenheim, ministre plénipotentiaire du grand duc de Hesse auprès du roi Louis XVIII, achète à madame de Céas le domaine de Menchy.
Le baron fait réaliser de nombreuses plantations dans le parc qui, d'après la chronique, est : “bien dessiné, planté à l'anglaise et dans le plus bel état. Ce dernier, dont l'étendue est de vingt-trois arpents, est connu et renommé pour la beauté des arbres qu'il renferme.” Certains d'entre eux existent encore, en particulier la rangée de beaux cyprès chauves, originaires du Mexique, que l'on peut voir au bord de l'Yerres et dont, malheureusement, quelques-uns ont été abattus par le vent. De plus, il fait creuser à proximité de l'habitation, une pièce d'eau empoissonnée alimentée par les nombreuses sources qui jaillissent dans le parc. C'est le bassin que nous pouvons admirer encore aujourd'hui.
En 1875, la propriété revient, après avoir encore été agrandie par l'achat de terres, à Grégorine Benier, épouse de Henry Chardin, associé d'agent de change et qui sera élu maire de la commune pendant deux mandats, de 1888 à 1900. Républicain convaincu, son action sociale l'a fait particulièrement estimer de ses contemporains. À son décès, le 5 décembre 1903, le conseil municipal décide, à l'unanimité, de donner son nom à la rue qui relie les rues Sommeville et Sermonoise. Le domaine s'appelle alors “Villa Chardin”. Sa veuve habite Menchy jusqu'à son décès à Combs-la-Ville, le 11 novembre 1919.
Après plusieurs passations par héritage, la propriété est donnée par Mademoiselle Marquis à la Société Mutualiste “Lutèce” dépendante de l'évêché de Paris. La donatrice interdisait à la société donataire de vendre, d'aliéner et d'hypothéquer pendant trente ans à compter de l'extinction de l'usufruit qu'elle s'était réservée jusqu'à sa mort, l'ensemble faisant l'objet de la donation. Cette interdiction ne s'appliquait pas au potager situé de l'autre côté de la rue Sommeville où sont bâtis aujourd'hui les immeubles de “la Villa Chardin”. Mademoiselle Marquis est décédée le 5 février 1928. Alors jusqu'en 1982, le diocèse de Paris utilise Menchy comme maison de retraite pour les prêtres “âgés, malades ou fatigués”. La propriété prend le nom de “Villa Notre-Dame”. Aujourd'hui, acheté par la commune, l'ensemble du domaine a été transformé en un hôtel de ville digne d'une ville de 22 000 habitants.

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Date de publication : 22/08/2006
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